Réapparaitre ailleurs

Nous sommes le dimanche 17 mai 2020. Comme tous les matins, je me suis installée devant l’écran de mon ordinateur portable avec une grande tasse de café noir. L’envie de procrastiner devant une série m’a traversé l’esprit, mais j’avais bien trop envie d’écrire. Alors, c’est mon logiciel de traitement de texte que j’ai choisi d’ouvrir finalement. J’ai commencé par regarder le curseur clignoter sur la page blanche de mon document pendant un long moment. Et puis je me suis mise à rédiger. J’ai écrit les phrases qui me passaient par la tête, j’ai laissé mes doigts tapoter sur le clavier et noircir la page mot après mot. Sans vraiment avoir besoin d’y réfléchir. Juste comme ça, tout simplement, comme avant. Comme si je n’avais jamais disparu, comme si je ne venais pas de réapparaitre ailleurs.

Aujourd’hui, c’est une page qui se tourne et une nouvelle aventure qui commence. Un nouveau départ avec un tout nouveau blog. Cela m’a pris plus de temps que prévu, mais après avoir complètement disparu derrière des lignes de code pendant un peu plus d’un mois, je me sens enfin prête à reprendre du service sur le blog. Changement de plateforme, changement d’hébergeur, changement de design. Changement d’un peu de tout. Les heures sont passées, puis les journées, puis les semaines. Et avant même de m’en rendre compte, c’est tout un mois qui s’est écoulé sans que je parvienne à trouver un peu de temps pour écrire…

Il était peut-être temps de tout changer pour pouvoir repartir à zéro, finalement. Après tout, je me répète que je veux réapprendre à écrire pour moi depuis des mois. Peut-être que le moment est venu de m’autoriser à me sentir libre d’écrire ce que je veux, sans chercher à m’imposer de nouvelles contraintes inutiles. Peut-être que, sans le savoir, j’avais besoin de m’absenter quelque temps pour pouvoir réfléchir à tout ça.

Il ne me reste plus qu’à écrire dans mes carnets brouillons maintenant. Même si parfois ce n’est que quelques phrases par-ci par-là, des idées d’articles, des réflexions, des rêves et des pensées. Je peux recommencer à griffonner là où j’avais laissé tous mes écrits en suspend, à l’abandon. Je peux recommencer à rédiger, à effacer et à publier. Et je peux commencer à dénouer du mieux que je le peux toutes les pensées, les idées et les rêveries qui traînent et s’accumulent dans mon esprit depuis plusieurs semaines. Comme si ma tête était remplie et vide à fois. Comme si les mots restaient bloqués dans mon esprit et qu’ils ne parvenaient pas à passer sur le papier.

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Jessie Alaimo