Une année et quatre mois avec Peanut

Nous sommes le mardi 2 juin 2020. Il y a tout juste une année et quatre mois, je partais en voiture avec mon amoureux pour aller chercher ma petite Peanut. Enfin, notre petite Peanut. Elle n’était encore qu’une petite boule de poils toute rousse à l’époque. Une petite boule de poils qui, sans le savoir, s’apprêtait à quitter sa maman pour la toute première fois depuis le jour de sa naissance et à partir vivre avec une inconnue qu’elle n’avait rencontrée qu’une seule fois auparavant… Je me revois l’emballer dans mon écharpe pour éviter qu’elle ne prenne froid en sortant de la maison et monter dans la voiture avec mon trésor dans les bras. Je me revois heureuse, très heureuse.

Choisir d’adopter Peanut est la meilleure décision que j’ai prise de toute ma vie. J’en suis convaincue, sincèrement. Et si cela ne fait aucun doute, c’est parce que je sais que je n’ai jamais été aussi heureuse que depuis son arrivée à l’appartement il y a un peu plus d’un an.

Ma petite Peanut, c’est mon rêve d’adolescente devenu réalité. Et pourtant, malgré tout, son arrivée a complètement bouleversé ma vie. Bien plus que je ne l’avais imaginé pendant toutes ces longues années à rêver d’avoir un chien… C’est un peu comme si toute ma vie avait changé du jour au lendemain, simplement parce que j’avais Peanut avec moi. Et ce n’était pas uniquement parce que vivre avec un chien c’est beaucoup de responsabilités, de contraintes et d’ajustements. Ça, je m’y étais préparée. Non, si l’arrivée de Peanut a été si bouleversante, c’est surtout parce que je n’imaginais pas la quantité d’amour, de bonheur et d’énergie qu’elle allait m’offrir chaque jour.

Après avoir adopté Peanut, tout s’est passé très vite. Il ne m’a pas fallu deux semaines avant de réaliser que, vivre avec un chien, c’est surtout recevoir de l’amour de manière inconditionnelle. Tous les jours, pour toujours. Un amour qu’on a parfois l’impression de ne pas mériter, un amour qu’on voudrait pouvoir rendre au centuple.

Aujourd’hui, la petite boule de poils toute rousse que j’emballais dans mon écharpe il y a exactement un an et quatre mois a bien grandi. Elle a atteint son poids et sa taille adulte, a perdu toutes ses dents de lait et ne mange plus de croquettes pour chiots. Elle n’a plus besoin de mon aide pour monter sur le lit et le canapé, ne fait (presque) plus de bêtises et se comporte gentiment avec toutes les personnes qu’elle rencontre. Aujourd’hui, Peanut n’est pas simplement mon animal de compagnie ou mon rêve d’adolescente devenu réalité. Elle n’est pas juste un chien. Pas pour moi. Peanut est un membre de ma famille à part entière, même si nous ne sommes pas de la même espèce. C’est un petit être vivant qui, sans même s’en apercevoir, m’apprend tous les jours de nouvelles leçons sur la loyauté et l’amour inconditionnel. Un petit être vivant adorable (et parfois un peu trop têtu) qui m’offre beaucoup plus d’amour et de bonheur que je ne l’avais imaginé…

7

Réapparaitre ailleurs

Nous sommes le dimanche 17 mai 2020. Comme tous les matins, je me suis installée devant l’écran de mon ordinateur portable avec une grande tasse de café noir. L’envie de procrastiner devant une série m’a traversé l’esprit, mais j’avais bien trop envie d’écrire. Alors, c’est mon logiciel de traitement de texte que j’ai choisi d’ouvrir finalement. J’ai commencé par regarder le curseur clignoter sur la page blanche de mon document pendant un long moment. Et puis je me suis mise à rédiger. J’ai écrit les phrases qui me passaient par la tête, j’ai laissé mes doigts tapoter sur le clavier et noircir la page mot après mot. Sans vraiment avoir besoin d’y réfléchir. Juste comme ça, tout simplement, comme avant. Comme si je n’avais jamais disparu, comme si je ne venais pas de réapparaitre ailleurs.

Aujourd’hui, c’est une page qui se tourne et une nouvelle aventure qui commence. Un nouveau départ avec un tout nouveau blog. Cela m’a pris plus de temps que prévu, mais après avoir complètement disparu derrière des lignes de code pendant un peu plus d’un mois, je me sens enfin prête à reprendre du service sur le blog. Changement de plateforme, changement d’hébergeur, changement de design. Changement d’un peu de tout. Les heures sont passées, puis les journées, puis les semaines. Et avant même de m’en rendre compte, c’est tout un mois qui s’est écoulé sans que je parvienne à trouver un peu de temps pour écrire…

Il était peut-être temps de tout changer pour pouvoir repartir à zéro, finalement. Après tout, je me répète que je veux réapprendre à écrire pour moi depuis des mois. Peut-être que le moment est venu de m’autoriser à me sentir libre d’écrire ce que je veux, sans chercher à m’imposer de nouvelles contraintes inutiles. Peut-être que, sans le savoir, j’avais besoin de m’absenter quelque temps pour pouvoir réfléchir à tout ça.

Il ne me reste plus qu’à écrire dans mes carnets brouillons maintenant. Même si parfois ce n’est que quelques phrases par-ci par-là, des idées d’articles, des réflexions, des rêves et des pensées. Je peux recommencer à griffonner là où j’avais laissé tous mes écrits en suspend, à l’abandon. Je peux recommencer à rédiger, à effacer et à publier. Et je peux commencer à dénouer du mieux que je le peux toutes les pensées, les idées et les rêveries qui traînent et s’accumulent dans mon esprit depuis plusieurs semaines. Comme si ma tête était remplie et vide à fois. Comme si les mots restaient bloqués dans mon esprit et qu’ils ne parvenaient pas à passer sur le papier.

5

Jessie Alaimo