samedi 1 février 2020

Vingt-sept


Nous sommes le 1er février 2020. Aujourd’hui, je fête mon vingt-septième anniversaire. Et contrairement à ce que j’avais imaginé plus jeune, tout va bien. Je suis heureuse, je suis toujours moi-même et je continue à rêver. Je ne suis plus une adolescente, mais je ne suis toujours pas une adulte. Enfin, si. Je suis une adulte. Mais pas sous la forme que j’avais imaginée à l’époque… Je suis indépendante et je ne vis plus avec mes parents, mais je continue à avoir besoin de leur parler au téléphone plusieurs fois par semaine. J’ai des factures à payer tous les mois, mais je continue à acheter des figurines et des peluches issues de dessins animés. J’enchaîne les contrats professionnels, mais je continue à rêver éveillée. Je m’intéresse de plus en plus aux films d’auteurs et à la musique alternative, mais je continue à aimer les blockbuster et les boys bands. Je suis devenue une adulte, mais je suis restée la même. 

Je ne suis pas devenue cette version triste de moi-même qui me faisait si peur. Je ne suis pas résignée à vivre sans rêve et sans folie. Je ne le serais sans doute jamais. Et c’est bien mieux comme ça. J’avais beaucoup de doutes et beaucoup de peurs vis-à-vis de cette période de ma vie lorsque j’étais adolescente. Je ne voulais pas grandir parce que j’avais peur de perdre une partie de moi. J’avais peur d’être adulte, de ne plus croire en la magie, d’arrêter de rêver et de perdre ma folie. J’avais peur de me réveiller un jour et de ne plus être la même. Juste comme ça, tout à coup. Et puis, j’avais peur de ne pas réussir à devenir une adulte. Une vraie adulte. 

Il n’y a pas eu de réveil où tout à basculé, ma vie n’a pas été bouleversée du jour au lendemain. Ça ne s’est pas fait comme ça, tout à coup. Les années ont simplement continué à défiler les unes après les autres, de plus en plus vite. La vie a continué à suivre son cours comme elle le fait toujours. Et moi, pendant tout ce temps, je suis restée la même. Presque la même. Un peu enfant, un peu adolescente, un peu adulte. Je ne suis peut-être pas une vraie adulte, pas encore. Et peut-être que je n'en serais jamais une, mais ce n'est pas grave.

Je me surprends parfois à avoir peur d’avoir oublié de grandir, comme si j’avais raté un truc. Mais je me rassure en me disant que cela ne doit pas vraiment avoir de l’importance si je suis heureuse comme ça. Et puis, je sais au fond de moi qu’un jour, quand le temps sera venu, je deviendrais une vraie adulte. Une adulte accomplie, mais toujours pleine de rêves et de folie. Il est encore trop tôt pour avoir fini de grandir. Il me reste tellement de projets à concrétiser, de destinations à visiter et de rêves à réaliser. Je ne peux pas avoir tout accomplis à vingt-sept ans, c’est trop tôt. Beaucoup trop tôt. Je veux continuer à avancer, à découvrir et à apprendre. Et je voudrais que cela ne s’arrête jamais. Je voudrais pouvoir continuer à grandir à mon rythme, encore et encore, pendant de longues années.